Les 12 travaux d'Hercule

Le lion de Némée
Héraclès s'élançant mains nues dans le combat
Héraclès s'élançant mains nues dans le combat.
Cartes
Carte travail 1 Carte travail 1
Un lion à la peau dure

Lettre C e premier travail consistait à rapporter à Eurysthée la peau du lion de Némée. Némée, nom d'une ville d'Argolide située à 20 km au nord-est de Tirynthe, subissait les sévices du terrible et gigantesque fauve ; la bête terrorisait la région en dévorant les habitants à des dizaines de kilomètres à la ronde et il incombait à Héraclès d'en terminer avec ces massacres.

Héraclès et le lion de Némée, sanguine de Pierre Paul Rubens. Héraclès contre le lion, dessin de Michel-Ange.

Héraclès parcourt les quelques kilomètres qui séparent Mycènes de Némée interrompant son chemin seulement pour trouver hospitalité chez un ouvrier agricole du nom de Molorchos dans la petite localité de Cléones ; il explique au brave homme qu'il est à la recherche du fameux lion et que, par conséquent, tout renseignement lui serait utile. Stupéfait par cette folie et certain de ne plus jamais revoir le héros vivant, le paysan promet seulement de sacrifier une bête de son troupeau à la gloire de sa mort. Après ce court aparté, il découvre une région désertée par le reste de la population, effrayée par les rugissements glaçants du monstre, mais ne trouve personne pour lui indiquer où se terre le félin ; en grand chasseur il se lance à la recherche d'empreintes mais il peine à en trouver ; la colère commence à L'envahir quand, après plusieurs jours de traque, il aperçoit enfin L'énorme monstre derrière un buisson, la gueule barbouillée du sang de son dernier carnage ; Héraclès bande son arc et tire une volée de flèches : les projectiles touchent leur cible avec précision mais rebondissent sur sa peau épaisse ! Molorchos aurait-il raison ? L'animal serait- il invulnérable ? Le combat fait rage : d'un geste il saisit son épée et lui assène un terrible coup : la lame se plie comme du fer blanc ! Dans un grand cri il décide alors d'écraser sa massue sur le crâne du fauve mais le coup titanesque du héros ne fait que l'étourdir très légèrement ; groggy et effrayé, le lion se réfugie dans son antre. Héraclès finit par comprendre que ses armes ne lui serviront à rien et décide d'utiliser la ruse. Il traque l'invincible lion jusque dans sa tanière dont il obstrue l'une des deux entrées avec une ingéniosité qui ne lui est pas coutumière. Commence alors un duel acharné : Héraclès s'élance à mains nues vers le fauve qui bondit à son tour et lui arrache un doigt, le héros le prend alors à la gorge, il serre et serre de plus en fort... et finalement étouffe la bête.

Après ce combat, il dépeça la dépouille avec les propres griffes du lion, tranchantes comme du verre, et revêtit la peau telle une armure invulnérable. Au retour, il se pressa d'annoncer à Molorchos de ne pas honorer sa disparition mais plutôt de sacrifier sa bête à Zeus car le jour de sa propre mort n'était pas encore venu.

Héraclès et le lion, amphore à figures noires, 550-540 av. J.-C. Héraclès contre lion, fragment d'amphore, VIè av. J.-C. Héraclès et le lion, stamnos à figures rouges, 490 av. J.-C.

Quand Héraclès revint à Mycènes apporter la preuve de son premier succès, le roi Eurysthée fut si terrifié à la vue de la carcasse léonine qu'il courut se cacher dans une grande jarre et ordonna que jamais plus on ne laissât entrer le héros à l'intérieur de la ville : dorénavant, Héraclès ne recevrait plus d'ordres directs du souverain mais de son messager Coprée. Après cet épisode, Eurysthée se convertit en l'un des plus célèbres lâches de la mythologie classique.

Héraclès contre le lion de Némée, marbre, XVIIè siècle. Héraclès et le lion de Némée, huile sur toile, Zurbarán, 1637.